Préparant La Réunion du million d’habitants (ces cinquante dernières années, la population de l’île a triplé pour totaliser 800 000 âmes), ce nouvel axe nord-sud, qui met Saint-Pierre à une heure de la capitale, montre, sur près de 34 kilomètres, quelques ouvrages d’art exceptionnels érigés dans le respect des sites naturels, à l’exemple du viaduc de Saint-Paul. Plus de 30 000 mètres carrés de filets ont été posés tout le long de l’ouvrage pour bloquer d’éventuelles chutes de pierres, mais des trouées y ont été percées pour sauvegarder les niches des pailles-en-queue.

Classé parmi les 33 hauts lieux de la biodiversité mondiale, l’île a conservé de beaux espaces primaires, qui couvrent environ un tiers de sa surface, particulièrement dans les Hauts, où seuls les «marrons» qui fuyaient l’esclavage pénétraient naguère. En basse altitude, la colonisation des milieux par l’homme a ravagé les forêts originelles de «bois de couleurs», dont il subsiste néanmoins quelques reliques, aujourd’hui classées en réserve, telle la forêt de Mare-Longue.

Pour la découvrir, il faut mettre le cap au sud, qui égrène tout au long de la route quelques perles : Saint-Pierre, où le souvenir de la Compagnie des Indes s’accommode des nombreux temples, pagodes et mosquées qui forment la mosaïque cultuelle d’une Réunion de la tolérance ; Petite-Ile, le verger de l’île, où l’on cultive l’ail au milieu des orangers, tangors (sorte de mandarines) et citronniers; plus loin, le hameau de la Plaine-des-Grègues est le temple du safran peï (curcuma) et du gingembre ; et Saint-Joseph, celui de toutes les épices muscade, girofle, cannelle et cardamome depuis qu’un botaniste autodidacte, émule de Pierre Poivre, a transformé ses terres en paradis des senteurs. Puis vient le site du piton de Grand Anse, belle marine sauvage que l’on découvre entre les champs de canne à sucre.

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.